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Orlulas

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luPosté le Dimanche 27 Novembre 2016 à 19h00 :

Alors que les derniers gouvernements nous ont souvent parlé de suppressions d’emplois en masse, impossible de rester de marbre quand on apprend via une vidéo très documentée de DATAGUEULE que la France perd chaque année environ 80 Milliards d’euros à cause de l’optimisation fiscale des entreprises multi-nationales !

Si cette somme colossale (équivalente à 4 fois le montant du déficit de la sécurité sociale) pourrait facilement être récupérée en embauchant des centaines d’inspecteurs des impôts et de procureurs dont les salaires seraient largement rentabilisés, l’État ne semble pas enclin à poursuivre en justice les organismes privés avec lesquels il entretien une certaine connivence…

Face à cet état des lieux peu reluisant, certaines personnes courageuses prennent le risque de devenir lanceurs d’alerte pour informer les citoyens de cette mauvaise répartition des richesses : WikiLeaks, Panama Papers, LuxLeaks. Les révélations s’enchaînent depuis quelques années et tout un chacun comprend que la Deutsche Bank, Apple, Amazon, Ikea, … ne jouent pas le jeu : ces multinationales ne paient que 3% d’impôts là où une honnête petite entreprise familiale française participe à l’effort commun à hauteur de près de 23 à 30% de son chiffre d’affaire. Équitable ? Certainement pas !

Oui mais que peut-on faire à notre échelle pour lutter contre l’évasion fiscale quand on ne détient pas d’informations capitales ?

N’oubliez-pas qu’en tant que consommateur nous disposons tous d’un pouvoir individuel au moins équivalent au bulletin de vote : le boycott. Cette pratique consiste à ignorer volontairement les produits ou services proposés par une entreprise afin de la sanctionner pour ses pratiques douteuses. N’ayant pas de liste des entreprises que je boycotte, je vous incite simplement à réfléchir aux sociétés à qui vous donnez de l’argent pour vous nourrir, téléphoner, gérer vos comptes, …

Posez-vous des questions sur chacune d’elle : à qui appartient-elle ? A-t-elle déjà délocalisé l’un de ses services à l’étranger pour des raisons économiques ? Est-ce qu’elle possède une filiale dans un paradis fiscal ? Fait-elle travailler des enfants ? Est-ce qu’elle spécule sur le malheur ou la misère d’autrui ? Pollue-t-elle l’environnement ? Etc. Si la réponse à au moins une de ces questions ne vous convient pas, sachez prendre la décision de ne plus acheter ses produits ou faire appel à ses services (dans la limite du possible évidemment).

Cette politique personnelle d’achat peut être complétée d’un autre outil qui lutte efficacement contre l’accaparement des richesses par un petit nombre : les monnaies locales complémentaires.

Késako ? C’est une monnaie à cours légal (comme l’euro), à la différence qu’elle participe au développement d’une économie respectueuse des personnes et de l’environnement à travers la mise en place de circuits courts.

Dans le pays de Brest, la monnaie locale complémentaire est l’Heol (dont j’ai rejoint le réseau en tant que structure depuis Juin 2016), sur Morlaix il s’agit du Buzuk, sur Rennes c’est le Galleco, etc. Renseignez-vous dans votre ville ! Elles sont nombreuses et c’est justement cela qui fait leur force car on ne peut les dépenser que dans un réseau de structures locales respectant une charte éthique, l’argent circule ainsi plus souvent et génère davantage de richesses, le tout sans jamais sortir du territoire délimité, chouette non ?

Pour vous y mettre petit à petit et sans pression, commencez par changer des montants très faibles puis faites quelques courses dans les structures du réseau, quitte à compléter votre paiement en euros les premières fois. Ainsi, vous saurez petit à petit le montant de monnaie locale qu’il vous faut chaque mois, sans compter que c’est un excellent moyen d’éduquer vos enfants et petits-enfants sur les nombreux pouvoirs de l’argent (comme créateur de lien social par exemple) et les conséquences bonnes ou mauvaises qu’impliquent le fait de le dépenser à un endroit ou à un autre…

Voilà, ça soulage de faire une bonne action hein ? En tout cas, rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle action individuelle vers un monde meilleur et d’ici-là portez-vous bien ! smiley content

Dernière édition le Mardi 2 Mai 2017 à 16h26

Qslakhe

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luPosté le Dimanche 27 Novembre 2016 à 20h01 :

Citation de "Orlulas" :

Au même moment où le gouvernement socialiste nous annonce des suppressions d’emploi dans l’éducation



 Quelles suppressions ? Je suis pas au courant et pourtant, je suis professeur. Au contraire, le gouvernement communique pas mal sur les 60 000 postes créés ces cinq dernières années (en fait, c’est faux : c’est plutôt presque 60 000 personnes embauchées, ce qui ne revient pas tout à fait au même : un poste créé, c’est pérenne, une personne embauchée en CDD, c’est juste pour quelques mois ou un an).

 Néanmoins, il y a effectivement eu des suppressions d’emploi (et même de postes) dans les autres administrations. Ça a été une saignée presque pire qu’avec la RGPP de Sarkozy : on a continué le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux, mais de manière globale dans la fonction publique. C’est-à-dire que certaines administrations (Éducation nationale et police, notamment) n’ont pas été touchées, mais en contrepartie, les autres ont vu les postes fondre comme neige au soleil.
 Et comme tu le dis : embaucher des contrôleurs des impôts enrichira la société. De manière générale, d’ailleurs, embaucher des fonctionnaires l’enrichira aussi à long terme.



Citation de "Orlulas" :

Ces multi-nationales ne paient que 3% d’impôts là où une petite entreprise familiale Française voit près de 23 à 30% de son chiffre d’affaire confisqué.



 Je ne suis pas d’accord avec le terme « confisqué ». Ce n’est pas parce que certains fraudent que les autres sont victimes de la loi. Prenons un autre exemple : moi, je paie systématiquement mon ticket de bus quand je le prends, mais ce n’est pas parce que certains fraudent qu’on me « confisque » 1,41 € à chaque billet (même si, à titre personnel, je suis pour la gratuité des transports en commun).



Citation de "Orlulas" :

Cette politique personnelle d’achat peut être complétée d’un autre outil qui lutte efficacement contre l’accaparement des richesses par un petit nombre : les monnaies locales complémentaires.



 Mouais… je connais pas bien le sujet, mais ça m’emballe pas vraiment, ce genre de choses. Déjà parce que c’est de l’économie (et l’économie, c’est du pipi) et ensuite parce que ça me fait un peu penser à un repli sur soi. D’autant que je ne vois pas en quoi personne n’irait thésauriser ou spéculer sur ces monnaies : tant que l’argent sera une marchandise dans l’esprit de la plupart des gens, on cherchera à l’accumuler.

Orlulas

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luPosté le Lundi 28 Novembre 2016 à 15h33 :

Bonjour Pierre et merci pour tes remarques toujours pertinentes :
1°) Qu’aurais-tu mis comme phrase d’introduction de cet article, sachant qu’elle servira aussi de chapô sur Mediapart ?
2°) Ok pour le mot "confisqué", mais qu’aurais-tu mis comme tournure à la place ? Pour info, je suis aussi pour la gratuité des transports en commun qui désengorgerai TRÈS efficacement la circulation en centre-ville.
3°) N’hésites-pas à te renseigner sur le principe des monnaies locales complémentaires, sachant que chacune à ses particularités. En effet, certaines monnaies sont "fondantes" et perdent de leur valeur chaque année si on ne les fait pas circuler, ce qui décourage instantanément son accaparement/accumulation ou toute spéculation sur cette dernière !

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luPosté le Lundi 28 Novembre 2016 à 22h15 :

Citation de "Orlulas" :

1°) Qu’aurais-tu mis comme phrase d’introduction de cet article, sachant qu’elle servira aussi de chapô sur Mediapart ?



 Alors là… je sais pas ! smiley satisfait



Citation de "Orlulas" :

2°) Ok pour le mot "confisqué", mais qu’aurais-tu mis comme tournure à la place ?



 Ça va être très marqué politiquement, voire un peu grandiloquent, mais pourquoi pas « Ces multinationales ne paient que 3 % d’impôts là où une honnête petite entreprise familiale française participe à l’effort commun à hauteur de près de 23 à 30% de son chiffre d’affaire. »


Citation de "Orlulas" :

3°) N’hésites-pas à te renseigner sur le principe des monnaies locales complémentaires, sachant que chacune à ses particularités. En effet, certaines monnaies sont "fondantes" et perdent de leur valeur chaque année si on ne les fait pas circuler, ce qui décourage instantanément son accaparement/accumulation ou toute spéculation sur cette dernière !



 D’accord. C’est vrai qu’en faisant baisser le cours, ça pousse à faire circuler l’argent et empêche la spéculation, mais d’un autre côté, je n’arrive pas à me départir quand même de l’idée que ça crée des différences, voire des inégalités, sur le territoire de la République.
 En même temps… le problème, pour moi, c’est l’argent. Pas forcément en soi, en tant que monnaie d’échange, mais sa représentation ; et j’ai du mal à me dire que de l’argent, même si on le réduit à son simple usage de monnaie d’échange, puisse vraiment être une bonne chose. En somme, c’est un peu comme régler le problème des discriminations par des quotas et de la discrimination dite positive… ça ne désancre pas les mauvaises habitudes de l’esprit des gens (c’est bien d’avoir beaucoup d’argent pour pouvoir acheter beaucoup de trucs ; les noirs ne valent pas les blancs, mais comme on est gentil, on leur réserve des places).



 Sinon, pour en revenir aux transports en commun, je ne suis pas certain que la gratuité seule désengorgerait la circulation en centre-ville. Je ne connais pas la situation en province, mais à Paris, une grande partie du trafic parisien (intramuros) est dû aux banlieusards qui viennent à Paris en bagnole (que ce soit pour travailler ou pour des raisons personnelles).
 À la gratuité devrait aussi être ajouté un renforcement des transports en commun (plus de lignes, plus de bus, plus de métro, plus de tram, etc.), de manière à pouvoir se rendre de la banlieue au centre-ville ou de banlieue à banlieue plus facilement, sans bagnole. Ou au moins, à défaut, ajouter l’installation de parcs de stationnement (gratuits dans l’idéal) à l’entrée des centres-villes.

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luPosté le Mardi 29 Novembre 2016 à 16h41 :

1°) Bon j’ai tenté un truc pour le chapô ^^
2°) Pas mal : c’est dans l’esprit de ces articles car je me suis souvent senti obligé de grossir un peu le trait afin que chacun puisse se rendre compte du problème
3°) Cette remarque fait peut-être extrémiste, mais le problème monétaire que tu décris pourrait facilement être résolu par un retour au Franc

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luPosté le Mardi 29 Novembre 2016 à 19h01 :

 Justement : le franc, pour moi, c’est comme les monnaies locales : ça sent le repli sur soi. smiley satisfait

 L’euro, c’est très bien, parce que ça permet à un Espagnol de pouvoir aller en France sans s’emmerder à changer de l’argent. Et réciproquement. Et dans plein d’autre sens.
 Le problème, c’est que l’euro, c’est très nul, parce que c’est géré de manière économiquement libérale.
 Le retour au franc, si c’est pour avoir une organisation libérale de l’économie, ça ne changerait rien, si ce n’est qu’on ne serait obligés de changer nos francs en roros quand on irait à l’étranger.

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luPosté le Mercredi 30 Novembre 2016 à 11h44 :

Citation de "Qslakhe" :

Le problème, c’est que l’euro, c’est très nul, parce que c’est géré de manière économiquement libérale.



Je vois que tu as touché le fond du problème car l’Euro-système est actuellement irréformable et permet aux richesses produites dans un territoire, une région, un pays, de s’enfuir pour ne plus jamais revenir (via des dividendes par exemple), le tout avec la complicité des Politiques (qui font partie des conseils d’administration de ces mêmes sociétés) !